Notes

Littoral is the strip of shore between tides. The zone that gets covered and uncovered, that's neither fully land nor fully water. The line shifts twice a day. What was visible becomes hidden, what was hidden becomes visible. Salt accumulates where the water keeps reaching and pulling back. Driftwood and shells and plastic gather along a line you can't see in advance and won't see in the same place tomorrow. The littoral is the strip the tide draws and redraws. Both the place and the line are the same word.

This is writing that lives in that zone. Poems. Dense passages that needed somewhere to go. Quotations that stopped me. Observations from shorelines and métro platforms and kitchen tables. Half-thoughts that don't grow into essays or fragments. Things I'm noticing, or things that noticed me first.

I have other places where the writing has to do more. There's writing that has to be cited, writing that has to be defended, writing that has to convince. This isn't that. Here it can be slight, can be off, can be in the wrong register, can be too personal or not personal enough. It doesn't have to be useful. It doesn't have to be finished. It can be wrong, or only half-true, or true in a way that doesn't matter to anyone but the person writing it. The writing here doesn't have to perform. It can show up and leave again without explaining itself.

The writing comes from a life that has other things in it. Days that have shape and days that don't. Rooms with windows and rooms without. Hours that move quickly and hours that don't move at all. The writing here is what shows up between those things.

It accumulates when it accumulates. Sometimes several posts in a week, sometimes nothing for months. The pace is what the writing makes, not what the writer commits to.

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Littoral, c'est la bande de rivage entre les marées. La zone qui se couvre et se découvre, qui n'est ni tout à fait la terre ni tout à fait l'eau. La ligne se déplace deux fois par jour. Ce qui était visible se cache, ce qui était caché apparaît. Le sel s'accumule là où l'eau s'avance et se retire sans cesse. Des bouts de bois flotté, des coquillages, des bouts de plastique s'amassent le long d'une ligne qu'on ne peut pas prévoir et qu'on ne retrouvera pas demain au même endroit. Le littoral, c'est la bande que la marée trace et retrace. Le lieu et la ligne, c'est le même mot.

C'est une écriture qui habite cette zone. Des poèmes. Des passages denses qui avaient besoin d'un endroit où aller. Des citations qui m'ont arrêté. Des observations prises sur le bord de l'eau, sur des quais de métro, à des tables de cuisine. Des bouts de pensées qui ne deviendront pas des essais ou des fragments. Des choses que je remarque, ou des choses qui m'ont remarqué en premier.

J'ai d'autres espaces où l'écriture doit en faire plus. Il y a l'écriture qu'on cite, l'écriture qu'on défend, l'écriture qui doit convaincre. Ce n'est pas ça, ici. Ici, l'écriture peut être mince, peut être décalée, peut être dans le mauvais registre, peut être trop personnelle ou pas assez. Elle n'a pas besoin d'être utile. Elle n'a pas besoin d'être terminée. Elle peut être fausse, ou à moitié vraie, ou vraie d'une manière qui n'importe à personne sauf à la personne qui l'écrit. L'écriture ici n'a pas à faire ses preuves. Elle peut arriver et repartir sans avoir à s'expliquer.

L'écriture vient d'une vie où il y a d'autres choses. Des journées qui ont une forme et des journées qui n'en ont pas. Des pièces avec fenêtres et des pièces sans. Des heures qui passent vite et des heures qui n'avancent pas du tout. L'écriture ici, c'est ce qui apparaît entre ces choses.

Ça s'accumule quand ça s'accumule. Des fois plusieurs textes dans une semaine, des fois rien pendant des mois. Le rythme, c'est l'écriture qui le fait, pas la personne qui écrit.

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